Prévention : quelle place pour le kiné en 2026 ?
La prévention n’est pas un « à-côté » de la kinésithérapie. Elle fait partie du champ professionnel du masseur-kinésithérapeute au même titre que la promotion de la santé, le diagnostic kinésithérapique et le traitement.
En 2026, ce rôle est même renforcé par de nouveaux dispositifs concrets. Le plus visible est l’arrivée de Mon bilan prévention chez les masseurs-kinésithérapeutes depuis le 1er octobre 2026.
La prévention fait partie du métier de kiné
L’article L.4321-1 du Code de la santé publique précise que la pratique de la masso-kinésithérapie comprend la promotion de la santé et la prévention. Le Code prévoit également que le kiné participe à des actions d’éducation, de prévention, de dépistage, de formation et d’encadrement, notamment en collaboration avec les autres professionnels de santé.
Concrètement, cela signifie que la prévention peut s’intégrer à notre pratique quotidienne : repérer des facteurs de risque, accompagner un changement de comportement, favoriser l’activité physique, prévenir la perte d’autonomie, participer à l’éducation du patient ou encore orienter vers un autre professionnel lorsque la situation le nécessite.
Depuis le 1er octobre 2026 : les kinés peuvent réaliser Mon bilan prévention
Depuis le 1er octobre 2026, les masseurs-kinésithérapeutes peuvent réaliser Mon bilan prévention, au même titre que les médecins, infirmiers, pharmaciens et sages-femmes.
Ce bilan est destiné aux personnes appartenant à quatre tranches d’âge :
- 18 à 25 ans ;
- 45 à 50 ans ;
- 60 à 65 ans ;
- 70 à 75 ans.
Il s’agit d’un temps dédié à la prévention, prévu sur environ 30 à 45 minutes. L’objectif est notamment de repérer les facteurs de risque individuels, d’aborder les habitudes de vie, l’activité physique, la sédentarité et d’aider le patient à définir des priorités de santé adaptées à sa situation.
Pourquoi les kinés ont une vraie place dans ce dispositif
Nous voyons souvent nos patients de manière répétée, parfois pendant plusieurs semaines. Cette proximité permet d’observer des éléments très concrets : baisse d’activité physique, perte de force, peur du mouvement, sédentarité, difficultés à reprendre une activité, perte d’autonomie ou encore changements dans les habitudes de vie.
Le kiné est donc particulièrement bien placé pour faire le lien entre prévention, mouvement et fonction. Cela ne signifie pas remplacer le médecin ou faire du dépistage médical hors de son champ de compétence, mais utiliser nos compétences propres pour repérer, informer, accompagner et orienter.
Prévention primaire, secondaire et tertiaire : on en fait déjà beaucoup
La prévention ne se limite pas à empêcher l’apparition d’une maladie.
- Prévention primaire : favoriser l’activité physique, lutter contre la sédentarité, prévenir les chutes ou la perte de capacité fonctionnelle.
- Prévention secondaire : repérer précocement certains facteurs de risque ou certaines limitations et orienter si nécessaire.
- Prévention tertiaire : limiter les conséquences d’une pathologie déjà installée, prévenir les récidives, les décompensations ou la perte d’autonomie.
Une grande partie de notre métier s’inscrit déjà dans cette logique, parfois sans que nous mettions le mot « prévention » dessus.
L’éducation du patient reste centrale
Prévenir, ce n’est pas uniquement donner des conseils. C’est aider le patient à comprendre sa situation, à identifier ses propres leviers et à devenir plus autonome.
Cela rejoint directement la posture éducative que l’on retrouve dans l’éducation thérapeutique du patient : fixer des objectifs réalistes, accompagner les changements progressifs, vérifier la compréhension et adapter les conseils aux contraintes réelles de la personne.
La prévention peut aussi ouvrir de nouvelles formes d’exercice
Selon le contexte, certaines actions de prévention peuvent être proposées en dehors des soins conventionnés : ateliers d’activité physique, interventions en entreprise, actions collectives, accompagnement autour du mouvement ou de la prévention des risques professionnels.
Mais il faut bien distinguer ce qui relève d’un soin thérapeutique conventionné, ce qui relève d’une action de prévention organisée dans un cadre spécifique, et ce qui correspond à une activité hors nomenclature.
→ Lire aussi : Kiné et hors nomenclature : faut-il obligatoirement deux entrées différentes ?
En pratique : par quoi commencer ?
Si vous voulez renforcer la prévention dans votre activité, commencez simplement : repérez les moments où vous donnez déjà des conseils, structurez davantage votre éducation du patient, documentez vos objectifs, et identifiez les dispositifs qui correspondent à votre exercice.
Depuis octobre 2026, Mon bilan prévention est une porte d’entrée très concrète pour intégrer davantage la prévention dans la pratique libérale.




